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Parentalité : concilier vie privée et vie professionnelle, un défi ?

Par Sophie Raimbault-Mutel

21 02
« L’entreprise autrement » et les nouvelles formes d’emplois mettent en œuvre de nombreux questionnements. En tant qu’acteur de l’innovation sociale, Act’RMC poursuit ses réflexions dans  l’optique d’apporter des réponses nouvelles à des besoins sociaux mal satisfaits  et favoriser ainsi la réappropriation du travail. Dans ce nouveau numéro de notre Flash Info, nous avons donc choisi de nous intéresser à la question de la parentalité, qui nous apparaît comme l’un des principaux défis que les femmes et les hommes rencontrent aujourd’hui.

Car face aux mutations du monde économique et social, concilier vie professionnelle et vie privée se révèle souvent un vrai parcours du combattant. Après l’arrivée d’un bébé, comment aménager son retour à la vie active en harmonie avec sa vie familiale ? Quelles stratégies mettre en œuvre pour vivre sereinement ses relations parents-enfants ? Et en quoi le portage salarial peut-il  être un outil sécurisant pour gérer ces transitions professionnelles, voire créer des solutions pérennes et stables ? Nous espérons que les témoignages ci-dessous contribueront à ouvrir le champ des possibles… Et pour faciliter leur retour au travail, nous invitons les nouveaux parents à découvrir les bienfaits du massage bébé. Tout un programme !

Un équilibre difficile à trouver pour de nombreux parents

Selon une enquête réalisée par l'UNAF auprès d’un échantillon représentatif au plan national de 1000 salariés ayant des enfants de moins de 25 ans au foyer, 93 % des salariés-parents jugent que l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale constitue un sujet de préoccupation « important » pour eux, dont 55 % « très important ». Pourtant, leurs attentes ne semblent toujours pas suffisamment prises en compte au sein des entreprises. S’il n’y a pas de recette miracle, le portage salarial peut répondre à certaines problématiques liées à la parentalité. L’exemple de Laura Bernard, en mission chez Schneider Electric en tant que responsable communication, illustre bien les difficultés rencontrées par une jeune maman pour concilier son travail et sa vie familiale. « Dans mon cas, l’enjeu était surtout de rassembler ma famille. À l’époque, nous habitions sur Lyon, alors que mon mari travaillait à Grenoble.  Pour lui éviter les trajets, j’ai commencé à chercher un travail sur l’agglomération grenobloise. J’ai effectué une première mission pour Schneider Electric par l’intermédiaire d’une agence de communication, puis on m’a recommandé le portage salarial. Ce n’est pas un véritable choix à la base, mais je reconnais que cette forme de travail a simplifié certains aspects. Déjà, le système de paiement m’a permis de mieux gagner ma vie. Et en parallèle, ce statut a facilité mes démarches pour obtenir un temps partiel. Si j’avais été salariée Schneider Electric, je me serais certainement vue refuser ce 80%. »

Organiser son temps pour mieux gérer le quotidien

Si Laura regrette parfois de ne pas bénéficier des mêmes avantages que les salariés Schneider Electric, elle reconnait pouvoir prendre plus facilement du temps pour s’occuper de sa fille de 5 ans : « Je passe la plupart des mercredis avec elle, même s’il m’arrive parfois de devoir caler un rendez-vous ce jour-là.  Par contre, comme je dois être disponible pour les équipes projets, ma demande d’horaires aménagés 7h- 16h a été refusée. Mais en règle générale, j’arrive à mieux organiser mon temps pour gérer les contraintes du quotidienque si j’étais salariée de l’entreprise », commente Laura. « Et cet été, j’ai pu prendre 2 mois de vacances pour profiter de ma fille. Le plus dur a été la reprise, car les changements sont difficiles à accepter pour elle. Elle a même demandé que sa maman vienne travailler à la cantine ou à la garderie, parce qu’elle trouvait qu’elle ne me voyait pas assez » !

Le portage salarial, une alternative à la classique journée 9h-18h ?

Pour Laurent Patoux, spécialiste des applications mobiles et des sites internet, le portage salarial permet de disposer d’un cadre professionnel de collaboration qui se conjugue bien avec le travail à domicile. Car si la question de privilégier sa carrière ou sa famille se pose avant tout aux mamans, le problème de l’équilibre vie pro-vie perso concerne également les hommes. « J’ai quitté un poste à responsabilités sur Paris pour rejoindre ma famille installée à Grenoble. Comme je ne trouvais pas de poste salarié sur la région, j’ai choisi de m’installer à mon compte. Le portage salarial m’est apparu comme le meilleur compromis pour conserver mes droits de salarié, tout en restant près de ma famille. Aujourd’hui, 90% de mes clients sont à Paris. Mais avec Internet, le téléphone mobile et un ordinateur portable, je peux travailler de chez moi et gérer mes horaires comme je le souhaite. Ça me permet d’emmener mes enfants à l’école presque tous les jours, de les conduire chez le médecin quand ils sont malades et de finir mes dossiers le soir si besoin ».

Impliquer ses enfants dans la relation

Laurent avoue qu’il lui serait difficile de revenir à un emploi imposant des contraintes horaires et l’obligeant à rester loin de sa famille durant la semaine. Pour autant, gérer la séparation vie privée et professionnelle en travaillant à domicile nécessite au départ quelques ajustements : « C’est compliqué d’expliquer à ses enfants qu’ils ne doivent pas venir me déranger pendant que je travaille, alors que je suis dans le bureau juste à côté d’eux. Il faut bien expliquer les choses et c’est assez long à se mettre en place, il y a une adaptation à faire des deux côtés et il ne faut pas hésiter à impliquer ses enfants… » Mais aujourd’hui, ses 2 garçons de 8 ans ½ et 5 ans ont parfaitement intégré la situation et gèrent plutôt bien cette relation avec leur papa. « Avec le recul, je n’ai aucun regret ! Cette façon de travailler m'offre d'autres opportunités pour profiter de mes fils : par exemple, je peux prendre un mercredi après-midi, ou aller déjeuner un midi avec eux dès que mon emploi du temps le permet. Finalement, le plus dur, c’est de faire une vraie coupure avec mon boulot et de me rendre 100% disponible quand je suis avec mes enfants. »

Un sentiment de culpabilité inévitable ?

Christel Proudhon, formatrice et instructrice certifiée par l’Association Française de Massage pour Bébé, le confirme : ce ne sont pas les heures passées avec l’enfant qui sont importantes, mais c’est la qualité des retrouvailles. « Je rencontre de nombreuses mamans qui culpabilisent de reprendre le travail et de faire garder leur bébé. Elles sont persuadées que c’est catastrophique pour le développement de leur enfant. Or, les études le montrent : il y a autant d’attachement « sécure » chez les bébés élevés par une maman qui travaille que par une mère au foyer. »  D’après la théorie de l’attachement, formalisée par le psychiatre John Bowlby, un enfant qui a un attachement sécure manifeste peu de détresse lorsqu'il est séparé de ses parents. Cet enfant est à la fois capable d’exprimer ses émotions, de les gérer, ou d’aller chercher du réconfort auprès de ses figures d’attachement (parents, nounous, etc.) lorsqu’il est inquiet. Pour éviter le sentiment de culpabilité aux jeunes mamans, Christel ajoute : « C’est indispensable d’apprendre à se séparer pour mieux se retrouver. Il est même préférable de faire garder son bébé avant l’âge de 9 mois, pour lui permettre d’identifier des figures d’attachement autres que sa maman ou son papa. Sinon après, la séparation devient plus difficile à gérer. »

Le massage bébé, un outil pour favoriser la qualité des retrouvailles

Alors, comment aider son bébé à se sentir en sécurité ? Le massage bébé fait partie des outils qui permettent d’apprendre à bien préparer les retrouvailles. D’après Christel Proudhon, la construction de l’estime de soi et l’acquisition de l’autonomie passent par la connaissance de ses besoins et de ceux des autres. C’est dans cette optique qu’elle propose aux jeunes parents des ateliers de 5 séances, individuelles ou en groupe, pour découvrir le dialogue sensoriel avec leur bébé. « Apprendre à masser son bébé permet de mieux se comprendre et s’harmoniser l’un l’autre… La pratique du massage se fait avec respect, en étant à l’écoute du bébé et de ses envies. Le formateur est là pour accompagner les parents dans l’observation des réactions de leur enfant en fonction de son rythme, son âge et son tempérament. Ils découvrent les compétences d’autorégulation de leur bébé et apprennent à s’ajuster. Cela les oblige à prendre du recul sans se culpabiliser. » Pour que le massage soit un moment de plaisir à partager en famille, Christel insiste particulièrement sur l’aspect détente et relaxation. « N’oublions pas que l’enfant se construit par mimétisme. Dur de bâtir une fondation psychologique solide si la personne en face n’est pas disponible ! Dans le programme d’apprentissage du massage bébé, l’échange avec les parents est un temps fort très important. On leur apprend à vider leur sac et à prendre soin d’eux avant de commencer le massage. En prenant conscience de l’importance de ce temps pour eux, ils apprennent à mieux gérer les retrouvailles avec leur enfant et à lui offrir une vraie disponibilité psychique. » Avis aux jeunes parents, salariés-portés chez Act’RMC, Christel vous invite à vous initier gratuitement au massage bébé avec votre enfant de moins de 9 mois, dans le cadre de ses formations. Pour connaître les prochaines sessions de formations, ou en savoir plus sur les bienfaits du massage bébé, www.massage-bebe-formation.fr.