Nos portés ont du talent

De jour comme de nuit, Frédéric Gelvé tient la distance !

Par Sophie Raimbault-Mutel

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Basé dans l’Ain, non loin de Lyon, Frédéric Gelvé est concepteur en pièces plastiques, un métier à la fois passionnant et accaparant. Pour prendre du recul sur son travail, Frédéric a un secret : il court presque quotidiennement. Et plus la distance est longue, plus il se sent bien dans ses baskets ! Découverte d’un sport exigeant, derrière lequel se cache aussi une belle aventure humaine…

Frédéric aime le sport en général, pour le bien-être physique, mais aussi mental qu’il lui procure. Cycliste au départ, c’est sur son vélo qu’il a commencé à parcourir de longues distances. Pas par esprit de compétition, mais plus par plaisir de rouler. À deux reprises, Frédéric a parcouru le monde à vélo pendant plus de 2 ans ! « J’ai rencontré des milliers de gens et j’ai eu la chance de vivre plein de situations différentes au cours de ces voyages… ».

La course à pied m'aide à prendre du recul

« Malgré ces expériences très enrichissantes, je n’arrive pas toujours à prendre du recul sur mon travail.  Mes activités sportives m’aident énormément à ne pas me laisser happer par mon quotidien. Mais entre mon activité professionnelle et ma famille, j’ai eu moins de temps pour faire du vélo. Ce sont alors les différentes personnes rencontrées qui m’ont donné envie de me mettre à la course à pied. Aujourd’hui, courir m’apaise, ça me permet de me vider la tête. C’est ce qui me donne la pêche pour toute la journée ! D’ailleurs, je suis aussi tenace quand je cours que dans mon travail. Tant que je ne suis pas au bout, je continue ! ». 

De fil en aiguilles, Frédéric a parcouru 20 km, puis 30, 40… « Je me suis inscrit dans un club et j’ai participé à la mythique SaintéLyon, un grand raid nature de 68 km. Là, j’ai découvert une course aux conditions difficiles, dans le froid et la nuit, mais aussi une ambiance à part et une grande aventure humaine. »

Le contact avec la nature avant tout

Ce que Frédéric aime par-dessus tout, c’est être en contact avec la nature. Il privilégie donc les parcours typés trails, préférant courir dans la forêt plutôt que sur route. Accroc aux longues distances, il se fixe dorénavant deux grands événements sportifs par an, au cours desquels il parcourt des centaines de kilomètres. En août, Frédéric a fait le parcours de l’UT 4M [Ultra Tour des 4 Massifs], sans s’inscrire officiellement, juste pour le challenge. Cette course de 160 km avec 10 000 m de dénivelée positif, à travers le Vercors, le Taillefer, Belledonne et la Chartreuse, peut se faire en solo ou par équipe. « Je suis partie tout seul, car je ne connais personne qui aime ce type de distance. J’ai géré ma course sur 4 jours, en réservant 3 gîtes. Ce genre d’épreuve est une véritable aventure ! Pour donner une idée, le premier a fait ce périple en 30h et le dernier en 60h. Dans ce type de course, il y a souvent 50% d’abandon, vous n’avez jamais la certitude d’aller jusqu’au bout. C’est aussi ça qui me motive. J’ai également fait le Tour du Mont Blanc sur 4 jours, tout seul. J’aime beaucoup ses grosses courses morcelées sur plusieurs jours. Je prends le temps de regarder les paysages, de faire des films… »

Des temps d’échanges et de vraies rencontres

Pour Frédéric, la compétition n’est pas un leitmotiv. Pourtant, il peut courir sur un circuit qui fait partie d’une compétition juste « pour le plaisir ». Mais sur de pareilles distances, qu’entend-il exactement par « plaisir » ? « J’aime tout ce qui se passe au sein d’une course », nous explique-t-il. « Au départ, c’est l’euphorie, il fait jour. Puis on passe par de nombreuses émotions, des moments de doute. On fait aussi des rencontres avec des personnes qui partagent la même passion. On échange sur notre vision du trail, ses évolutions… Récemment, sur une course, j’ai couru pendant 70 km avec la même personne ! On discute, on s’arrête, on s’encourage… On alterne les moments où on va bien et ceux où c’est l’autre qui nous booste. C’est une grande fierté de finir la course, d’aller jusqu’au bout. On expérimente nos propres limites ! »

Une aventure à partager aussi en famille

L’année dernière, en octobre, Frédéric a participé aux Championnat de France de 24h à Grenoble, sur laquelle il a réalisé une belle performance personnelle en parcourant 212 km. Comme sur la plupart des courses, son épouse était présente. « Elle est toujours là pour m’encourager, elle m’attend au niveau des bases de vie ou du ravitaillement. J’ai beaucoup de chance, car ma femme a un point de vue sur la course. Elle insiste pour que je me change, que je mange plus… Son soutien m’a permis de m’accrocher tout au long de ces 24 heures, j’avais atrocement mal aux jambes ! En septembre dernier, j’ai aussi participé à l’Ultratour du Léman, une course à pied autour du Lac Léman sur une distance de 175 km non-stop. Cette course a une particularité : elle autorise le coureur à se faire accompagner par un cycliste. Ma femme m’a donc suivi à vélo dans ce périple et elle s’est occupée du ravitaillement. Nous étions tous les deux dans l’effort et, dans ces moments, il se passe plein de choses. Souvent les liens se resserrent dans la difficulté, on fait ressortir des choses très positives ! » Il reste quand même un rêve à réaliser pour notre adepte de l’adrénaline : participer à la Diagonale des Fous, le grand Raid de la Réunion. Rendez-vous en 2015 ?