Echos du réseau

Comment conjuguer entreprise réseau et engagement ?

Par Sophie Raimbault-Mutel

29 09
L’entreprise traditionnelle prend de plus en plus conscience que la réussite des projets passe avant tout par la motivation des salariés. Et cette idée est encore exacerbée dans le fonctionnement d’une entreprise réseau comme Act’RMC, où l’engagement du « porté salarié » prime. D’où le besoin de partager, de cultiver la qualité des liens. Mais comment définir cette notion d’engagement, si chère à nos yeux ? C’est la question à laquelle Robert Guinet, membre du Groupe « Travail et Prospective, la société civile cherche » a bien voulu répondre.

Quand le chemin à parcourir devient synonyme de motivation

« En matière de motivation, on peut distinguer deux grands processus : premièrement, l’objectif de travailler ensemble, deuxièmement, le chemin pour atteindre cet objectif », explique Robert Guinet. « Quand quelqu’un prend plaisir à travailler sur un projet qui lui tient à cœur, à parcourir un chemin, même semé d’embûches, il est motivé et, par conséquent, engagé », poursuit-il. « Prenons un exemple concret : si un sportif est motivé pour avoir une médaille d’or, il doit aussi être motivé par le chemin qui lui permettra d’atteindre cet objectif, à savoir les années d’entraînements. Le retour n’est pas immédiat ! » 
On comprend mieux ainsi comment la qualité du « chemin » doit être prise en compte pour devenir synonyme de motivation et créer l’engagement. Mais dans le cadre d’une entreprise réseau, comment cela se traduit-il ? « Nous évoluons vers une hiérarchie de plus en plus diluée, où l’approche de la compétence prédomine », commente Robert Guinet. «  Celui qui a la compétence n’est pas toujours le même, ce qui nous amène à expérimenter le leadership tournant, comme au sein du groupe Recherche et Prospective. Les équipes performantes sont d’ailleurs déjà construites sur ce modèle. On observe alors que la hiérarchie est plus portée par quelqu’un à l’écoute de l'environnement, quelqu’un qui travaille sur le sens.Lorsque le sens a pris toute son importance, chaque individu peut trouver des repères et contribuer à enrichir le projet par sa sensibilité propre, son expérience, etc. Ce qui nécessite une appartenance à un but commun et un climat de confiance. Et pour se faire confiance, il faut être dans l’alliance. »

Etre engagé pour ne plus être spectateur

Pour Robert Guinet, c’est en effet dans la complémentarité et la coopération que se trouve la solution : « Nous vivons actuellement un changement de paradigme, où compassion, coopération et empathie sont les maîtres-mots. Il devient urgent de sortir de la dichotomie, de l’opposition systématique. Le fait même de se questionner, de faire preuve d’ouverture et de se construire un avis est important. Car il reste de nombreuses voies à explorer ! Et chacun de nous a un impact sur ce qui va se passer : l’engagement, pour moi, est aussi synonyme de responsabilité ! Notre rôle est de co-construire autre chose, quelque chose que nous n’avions pas imaginé jusqu’à maintenant… En résumé, être engagé pour ne plus être spectateur. »